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L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a annoncé son retrait officiel de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Une décision qui marque une rupture symbolique et stratégique avec une institution censée promouvoir la coopération entre pays francophones. Pourquoi ces trois nations ont-elles décidé de tourner le dos à l’OIF ? Quelles en seront les conséquences ?
Le départ de ces trois pays ne s’est pas fait sur un coup de tête. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont été suspendus de l’OIF après les coups d’État militaires récents. Une sanction perçue par leurs gouvernements comme une ingérence inacceptable dans leurs affaires internes.
En réponse, les autorités de l’AES ont activé l’article 10 de la Charte de l’OIF, qui prévoit un délai de six mois avant l’officialisation du retrait. Cette période de transition permettra d’évaluer les impacts et d’organiser la sortie en douceur.
Dans leurs communications officielles, ces pays dénoncent un manque de respect de leur souveraineté et une vision biaisée des réalités africaines par certaines instances internationales.
Quitter l’OIF signifie perdre des appuis financiers et techniques essentiels dans plusieurs secteurs :
â Éducation et formation :
Fin des financements pour les projets éducatifs et culturels.
Réduction des aides pour la formation professionnelle et le développement des médias.
â Coopération institutionnelle :
Suspension de la participation aux instances francophones comme la CONFEJES (ministres de la Jeunesse et des Sports) et la CONFEMEN (ministres de l’Éducation).
â
Culture et rayonnement international :
Des événements majeurs, comme le FESPACO (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou), pourraient perdre le soutien financier de l’OIF, fragilisant ainsi leur organisation.
Malgré ce retrait, l’OIF espère encore mener à terme certains projets déjà engagés avant que la rupture ne soit définitive.
Avec 93 États et gouvernements membres, l’OIF se positionne comme un acteur clé du monde francophone, promouvant la langue française, la coopération culturelle, l’éducation et les droits humains. Pourtant, son influence semble de plus en plus contestée en Afrique.
Les rapports souvent inégaux entre la France et ses anciennes colonies nourrissent des tensions grandissantes. De nombreux États africains s’interrogent sur l’utilité réelle de l’OIF et sur son impartialité face aux enjeux de gouvernance et de développement.
Avec le retrait de l’AES, un précédent est posé. D’autres nations africaines, critiques envers le rôle de l’OIF et plus largement de la Francophonie institutionnelle, pourraient suivre le même chemin et repenser leur coopération linguistique et diplomatique.
Le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’OIF n’est pas un simple désaccord institutionnel. Il s’agit d’un acte politique fort, affirmant la volonté de ces États de redéfinir leurs relations avec les institutions francophones et occidentales.
Alors que ces pays renforcent leurs liens avec d’autres partenaires internationaux, notamment la Russie et la Chine, ce retrait pourrait accélérer la recomposition des alliances géopolitiques en Afrique.
Ce choix radical est perçu par certains comme un retour à une souveraineté assumée, tandis que d’autres y voient un isolement diplomatique dangereux.
L’avenir dira si cette décision renforcera l’indépendance de l’AES ou si elle fragilisera ses perspectives de développement. Une chose est sûre : l’équilibre de la Francophonie en Afrique vient de vaciller.
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Pensez-vous que d’autres pays africains pourraient suivre le même chemin ?