Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste indépendante – Éditorialiste
RADIOTAMTAM AFRICA
La Cour pénale internationale (CPI) a exprimé ses regrets après l'annonce du Burkina Faso, du Mali et du Niger de leur intention de se retirer du Statut de Rome, le traité fondateur de la juridiction internationale chargée de poursuivre les auteurs de crimes les plus graves.
Dans un communiqué, la présidence de la CPI a appelé les trois États sahéliens à reconsidérer leur décision, estimant que leur départ pourrait avoir des conséquences sur la coopération judiciaire internationale.
« La présidence regrette la situation actuelle. Les décisions de ces États membres risquent de compromettre la recherche collective de la justice et d'affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l'impunité », indique la Cour.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), justifient leur retrait par une perte de confiance envers la CPI.
Selon leurs autorités, la Cour aurait démontré son incapacité à enquêter efficacement sur plusieurs catégories de crimes relevant pourtant de son mandat, notamment les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, les crimes de génocide et les crimes d'agression.
Le gouvernement nigérien accuse également la CPI de pratiquer une « justice sélective » et d'être « instrumentalisée », des critiques déjà formulées par plusieurs responsables politiques africains au cours des dernières années.
Depuis plusieurs années, les relations entre certains États africains et la Cour pénale internationale font l'objet de débats. Plusieurs dirigeants du continent estiment que la juridiction concentre une part importante de ses procédures sur l'Afrique, tandis que d'autres soulignent que nombre d'enquêtes ont été ouvertes à la demande des États concernés ou sur décision du Conseil de sécurité des Nations unies.
La décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger intervient dans un contexte de redéfinition de leur politique étrangère et de renforcement de leur coopération au sein de l'Alliance des États du Sahel.
Le retrait éventuel des trois pays soulève des interrogations sur l'avenir de la coopération judiciaire internationale en Afrique et sur les mécanismes de lutte contre l'impunité.
Ce dossier pourrait également relancer le débat sur les réformes souhaitées par plusieurs États africains concernant le fonctionnement de la justice pénale internationale et son équilibre géographique.
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