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1. L'Angola mise sur les incitations à l'investissement
L'Angola privilégie une approche résolument ouverte pour le développement de son secteur minier, rejetant les quotas et interdictions d'exportation et misant sur l'attraction des investissements étrangers afin de renforcer ses capacités de transformation nationales. Le ministre des Mines, Diamantino Pedro Azevedo, a présenté cette stratégie à Londres, contrastant la position de l'Angola avec celle de pays voisins comme le Zimbabwe, qui ont imposé des interdictions d'exportation pour capter davantage de valeur ajoutée localement. L'Angola souhaite également acquérir une participation minoritaire significative dans De Beers – suffisamment importante pour lui permettre d'être représenté au conseil d'administration et d'exercer une influence stratégique – tandis que l'Angola et le Botswana poursuivent des intérêts distincts dans les actifs diamantifères d'Anglo American. Cette philosophie, qui privilégie l'investissement, témoigne de la confiance de l'Angola dans le fait que la concurrence, plutôt que les contraintes réglementaires, servira au mieux ses ambitions minières à long terme.
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2. Les entreprises marocaines dominent le classement nord-africain
Le Maroc a consolidé sa position de principal pôle économique d'Afrique du Nord, avec huit des neuf plus grandes entreprises cotées de la région ayant leur siège social sur son territoire. Attijariwafa Bank conserve la première place avec une capitalisation boursière de 15,7 milliards de dollars. La progression la plus remarquable est celle du groupe minier Managem, dont la valeur a bondi de 6,1 milliards à 10,8 milliards de dollars suite à une hausse de 55 % de son chiffre d'affaires, portée par la flambée des cours de l'or et de l'argent et par la mise en production de nouvelles mines au Maroc et au Sénégal. Si Maroc Telecom a reculé de la deuxième à la troisième place après le versement d'un règlement à l'amiable de 694 millions de dollars qui a pesé sur ses résultats, une forte reprise des bénéfices en 2025 laisse présager un rebond probable. À l'inverse, le secteur des entreprises égyptiennes a affiché des résultats mitigés : si la valeur de Telecom Egypt a doublé pour atteindre 2,5 milliards de dollars grâce à son statut de corridor numérique mondial, d'autres entreprises ont peiné à égaler l'envergure marocaine. Le paysage régional reste marqué par deux réalités distinctes, les entreprises marocaines et égyptiennes occupant la quasi-totalité du classement des 20 premières entreprises.
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3. L'Afrique du Sud surpasse l'Espagne en matière d'exportations d'agrumes
Un tournant historique pour l'agro-industrie internationale : l'Afrique du Sud a détrôné l'Espagne et est devenue le premier exportateur mondial d'agrumes en volume, avec un record de 2,9 millions de tonnes expédiées à l'étranger. Le ministre de l'Agriculture, John Steenhuisen, a qualifié cette performance d'étape majeure pour le secteur agricole du pays, attribuant ce succès à une croissance constante des exportations et au respect des normes phytosanitaires internationales. Les perturbations climatiques affectant la production espagnole ont contribué à ce changement, tandis que le calendrier de culture décalé de l'Afrique du Sud – couvrant l'été de l'hémisphère sud – lui confère un avantage structurel pour approvisionner les marchés européens, asiatiques et du Moyen-Orient tout au long de l'année. Si l'Afrique du Sud domine désormais les exportations d'agrumes, des pays comme la Chine et le Brésil restent les principaux producteurs mondiaux, car une grande partie de leur production est consommée sur le marché intérieur. Pour maintenir cette dynamique, Pretoria prévoit d'intensifier sa diplomatie commerciale et de moderniser ses infrastructures.
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4. La Zambie reprend ses exportations d'acide sulfurique vers le Congo
La Zambie a autorisé deux fonderies de cuivre – Chambishi Copper Smelter et Mopani Copper Mines – à reprendre leurs exportations limitées d'acide sulfurique vers la République démocratique du Congo, suite à la reconstitution de ses stocks nationaux. La Zambie avait interdit les exportations en septembre et instauré un système de permis en mars après que des perturbations d'approvisionnement, en partie liées au conflit iranien, eurent réduit la disponibilité de ce produit chimique. L'acide sulfurique est un intrant essentiel dans la ceinture de cuivre d'Afrique centrale pour l'extraction du cuivre et du cobalt, minéraux indispensables à la transition énergétique mondiale. Si le gouvernement a autorisé des exportations limitées afin de prévenir les pénuries locales, cette reprise représente un soulagement crucial pour les mineurs congolais qui avaient récemment subi des réductions de production en raison de l'indisponibilité de ce produit.
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5. Le Nigeria réduit ses importations d'essence alors que la production des raffineries augmente.
La dépendance du Nigéria aux importations d'essence a fortement diminué en avril, passant de 40,1 millions de litres par jour en mars à 3,7 millions de litres par jour. Cette baisse s'explique par l'augmentation de la production des raffineries nationales, qui ont fonctionné à un niveau proche de leur pleine capacité. La raffinerie Dangote aurait maintenu un taux d'utilisation proche de 100 % pendant la majeure partie du mois, contribuant ainsi à ce que la production locale d'essence dépasse le seuil de consommation journalière officiel du pays. Les raffineries modulaires ont également contribué à l'approvisionnement local en diesel, bien que les raffineries de Port Harcourt, Warri et Kaduna restent à l'arrêt. Selon les autorités, l'augmentation des capacités de raffinage nationales pourrait réduire la pression sur la demande de devises étrangères et renforcer la sécurité d'approvisionnement en carburant. Toutefois, la hausse des prix mondiaux du pétrole, liée aux tensions au Moyen-Orient, continue de maintenir les prix de l'essence à un niveau élevé dans tout le pays, malgré l'amélioration de l'approvisionnement local.
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6. L'investissement, clé du développement de l'innovation agricole en Afrique
La communauté de recherche agricole africaine produit des innovations précieuses , mais des défaillances systémiques en matière de politiques, de financement et d'infrastructures empêchent les progrès scientifiques de bénéficier aux agriculteurs à grande échelle, selon Papa Abdoulaye Seck, agronome et ancien ministre sénégalais. Fort de quarante ans d'expérience, M. Seck remet en question l'idée reçue selon laquelle la recherche agricole serait coûteuse et inefficace. Le véritable problème, affirme-t-il, réside dans la fragmentation des écosystèmes, où les systèmes semenciers, le crédit rural, les services de vulgarisation et l'organisation des marchés sont trop faibles pour traduire la recherche en un impact concret. M. Seck cite le Rwanda et l'Éthiopie comme exemples où des investissements coordonnés ont accéléré l'adoption de variétés de cultures améliorées. Il évoque également la Révolution verte en Asie, arguant que son succès ne repose pas uniquement sur la science, mais aussi sur la mise en place des infrastructures nécessaires par les gouvernements. M. Seck appelle l'Afrique à considérer la recherche agricole comme un investissement stratégique et à renforcer les alliances entre scientifiques, décideurs politiques, investisseurs privés et agriculteurs.
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7. Bharti Airtel intensifie son expansion en Afrique
Bharti Airtel prévoit de porter sa participation dans Airtel Africa à 90 % grâce à un échange d'actions d'une valeur de 2,9 milliards de dollars, réaffirmant ainsi son engagement à long terme sur les marchés africains. Le fondateur, Sunil Bharti Mittal, a décrit l'Afrique comme un important moteur de croissance et a qualifié l'expansion de l'entreprise sur le continent d'« opportunité unique ». Cette opération précède une introduction en bourse (IPO) très attendue de 2 milliards de dollars pour la division de paiement mobile d'Airtel Africa, une unité valorisée à environ 10 milliards de dollars. Alors que les transactions de paiement mobile dans la région ont atteint 1 400 milliards de dollars en 2025, le groupe se positionne pour tirer profit de l'essor de la fintech sur le continent. Malgré les tensions géopolitiques qui retardent le calendrier de l'IPO, la hausse de 37 % de l'EBITDA ajusté du groupe, qui atteint 3,2 milliards de dollars, souligne la solide visibilité des résultats qui sous-tend cet investissement de plusieurs milliards de dollars.
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8. Le Nigeria approuve les investissements des fonds de pension en vue de l'introduction en bourse d'une raffinerie
La Commission nationale des pensions du Nigéria (PenCom) a accordé aux gestionnaires de fonds de pension une dérogation réglementaire exceptionnelle leur permettant d'investir dans l'introduction en bourse (IPO) prévue de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals. Cette exemption dispense des exigences habituelles relatives à l'historique d'exploitation, à la rentabilité et aux dividendes versés par l'entreprise – des critères que la raffinerie ne remplit pas encore pleinement. La PenCom a justifié sa décision en invoquant l'importance stratégique nationale de la raffinerie, ses fondamentaux financiers solides et son impact économique plus large. Les gestionnaires de fonds sont néanmoins tenus de veiller à ce que tous les investissements soient conformes aux cadres de gestion des risques internes et aux obligations fiduciaires envers les cotisants. La commission a souligné que cette dérogation ne constituerait pas un précédent pour les futures introductions en bourse. En levant cet obstacle, la PenCom a mobilisé d'importantes liquidités institutionnelles pour l'une des plus importantes opérations de marché de capitaux jamais réalisées dans le pays.
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9. Le président du Sénégal prend en main les négociations sur la dette
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye mène personnellement les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) afin de résoudre la crise financière déclenchée par la découverte, en 2024, d'un passif public non déclaré. Le FMI avait suspendu cette année-là un programme de prêts de 1,8 milliard de dollars suite à cette révélation. En marge du sommet Africa Forward à Nairobi, M. Faye a rencontré la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et a discuté de solutions potentielles. Cette intervention présidentielle directe marque un net revirement par rapport à la position antérieure du Premier ministre Ousmane Sonko, qui qualifiait de « honteuse » la restructuration de la dette proposée par le FMI. Cependant, le conflit iranien a depuis lors exercé une nouvelle pression sur l'économie du pays, rendant nécessaire un réajustement pragmatique et renforçant le pouvoir de négociation du FMI. À moyen terme, l'issue de ces négociations déterminera la stabilité économique du Sénégal, ses coûts d'emprunt et sa capacité à gérer les chocs externes, tels que la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
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10. La crise du chômage en Afrique du Sud s'aggrave
Le taux de chômage en Afrique du Sud a grimpé à 32,7 % au premier trimestre 2026, suite à la perte de 345 000 emplois. Le pays compte désormais plus de 8 millions de chômeurs. Les jeunes de 15 à 34 ans restent les plus touchés, leur taux de chômage ayant augmenté de 8,1 % depuis 2016. Bien qu'étant la première économie d'Afrique, la croissance économique du pays n'atteint qu'environ 1 % par an, un rythme bien inférieur à celui nécessaire pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Les experts pointent du doigt l'instabilité du secteur énergétique, la vétusté des infrastructures municipales, les engorgements portuaires et ferroviaires, une législation du travail restrictive et la baisse de la confiance des investisseurs comme facteurs structurels. Des facteurs externes, tels que la pression sur les prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient et les tensions diplomatiques avec les États-Unis, contribuent également à cette situation. Cette situation ne profite à personne, et surtout pas aux Sud-Africains. Elle fournit néanmoins des arguments à l'opposition à l'approche des élections. Si elle n'est pas résolue, elle risque de déclencher d'importants troubles sociaux et de fragiliser la stabilité de l'économie la plus industrialisée d'Afrique.
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