PORTRAIT | Irene Mwendwa : La sentinelle du numérique africain

NOTE DE LA RÉDACTION
Originaire du village de Machakos au Kenya, cette avocate spécialisée dans le droit des technologies livre une bataille acharnée pour que l’Internet de demain ne soit plus une zone de non-droit pour les femmes africaines. Entre rigueur juridique et engagement de terrain, elle décrypte les failles d’un système conçu par et pour le Nord.
PAR RADIOTAMTAM AFRICA

L'éveil d'une conscience technologique

Irene Mwendwa, dont le nom signifie « fleurs » en kamba, puise sa force dans ses racines à Machakos, à l'est de Nairobi. Se décrivant tour à tour comme agricultrice et aînée de famille, elle incarne cette jeunesse africaine qui doit naviguer dans la complexité de la capitale kényane pour survivre. Son parcours académique à l’Université Kenyatta l’a menée vers le droit, avec une obsession : comprendre comment les preuves et les données peuvent instaurer un ordre juste au sein de la sphère numérique.

L'avocate contre les algorithmes « blancs »

Mwendwa refuse l'étiquette d'activiste, souvent utilisée pour la discréditer en la faisant passer pour une idéaliste émotive. Elle s'impose comme une avocate spécialisée en technologies. Son constat est sans appel : Internet a été conçu en anglais, sur des normes masculines et occidentales.

«Les femmes africaines sont hautes en couleur, nous avons de l’énergie. Pourtant, ces qualités sont absentes des données utilisées pour l’innovation, car la norme reste celle d’un homme blanc. »

Elle documente avec précision comment le démantèlement des programmes de diversité (DEI) dans les grandes entreprises technologiques a réduit au silence les voix qui se battaient pour une infrastructure numérique plus inclusive.

Le coût de la visibilité

L'un de ses principaux chevaux de bataille est la violence sexiste facilitée par la technologie (TFGBV). Mwendwa analyse une réalité brutale :

·         73 % des femmes occupant des postes à forte visibilité sont confrontées à la violence en ligne.

·         58 % des jeunes femmes dans le monde ont subi du harcèlement numérique.

·         Les plateformes de médias sociaux profitent de cette polarisation, car les attaques coordonnées génèrent des clics et des revenus publicitaires.

Elle cite souvent l'assassinat de la Brésilienne Marielle Franco en 2018 comme le paroxysme tragique de ces campagnes de haine orchestrées qui restent, pour la plupart, impunies.

Vers une souveraineté numérique africaine

Aujourd'hui, à travers son travail avec le Fonds Colmena, elle œuvre pour donner une tribune aux dirigeantes politiques des pays du Sud. Elle aide ces communautés à formuler leurs propres solutions technologiques plutôt que de subir des services extérieurs.

Malgré les défis — comme l'exploitation des modérateurs de contenus africains exposés à une violence extrême sans soutien psychologique — Mwendwa reste optimiste. Elle voit dans les cadres politiques émergents de l’Union africaine et l'arrivée de femmes ministres des TIC en Namibie, en Sierra Leone ou au Bénin, les prémices d'une véritable révolution numérique portée par la jeunesse du continent.

Son objectif ultime : S'assurer que, lorsque l'histoire de la technologie sera écrite d'un point de vue africain, elle soit citée comme celle qui a œuvré pour que l'Internet rassemble les peuples plutôt que de les diviser.

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