AFRIQUE2050 : Déchets électroniques : un scandale planétaire

21 juin 2021 à 17h38 - 521 vues

Près d'Accra, la capitale du Ghana, des gangs de "brûleurs" risquent des blessures et même la mort car ils sont exposés à des niveaux dangereux de toxines dangereuses travaillant sur l’un des plus grands tas de ferraille électronique au monde. • MUNTAKA CHASANT/SOLENT NE/SIPA

Par RadioTamTam

Déchets électroniques : un scandale planétaire Les déchets électroniques engendrés par nos achats sont envoyés vers des pays en voie de développement qui n'ont pas les moyens de les traiter efficacement. Cette pollution a de graves conséquences sur la santé des plus jeunes.

Vous qui envisagez de changer votre ordinateur (alors qu’il n’a que quelques années d’usage) ou votre smartphone (parce que vous le trouvez démodé) prenez le temps de lire les quelques lignes qui suivent. En effet, le 15 juin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), par ailleurs fort occupée avec la gestion de la pandémie de Covid, a pris le temps de publier son premier rapport mondial sur le traitement des déchets électroniques.

Intitulé « Children and Digital Dumpsites » (Les enfants et les décharges des déchets électroniques), il révèle au grand jour un scandale de santé publique planétaire. « Un tsumani de déchets électroniques » a même commenté Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. 

Les chiffres sont vertigineux. Selon ce rapport « pas moins de 12,9 millions de femmes travaillent dans le secteur informel des déchets. Ce qui les expose potentiellement à des déchets électroniques toxiques et les met en danger, elles et leurs enfants à naître ». Ajoutant : « Parallèlement, plus de 18 millions d’enfants et d’adolescents, dont certains n’ont pas plus de 5 ans, font partie de la main d’œuvre active du secteur industriel informel, dont le traitement des déchets est un sous-secteur ».

Cela fait, à l’échelle mondiale, plus de 30 millions de personnes fragiles qui « risquent d’être exposées à plus de 1000 substances novices (oui, 1000, vous avez bien lu), notamment le plomb, le mercure, le nickel, les retardateurs de flamme bromés et les hydrocarbures aromatiques polycyliques (HAP)».

Une évidente injustice nord-sud

Pour mieux faire comprendre les dangers encourus par cette population exposée, le rapport de l’OMS donne un exemple qui fait froid dans le dos. « Un enfant qui mange un seul œuf de poule venant d’Agbogbloshie (NDLR : une grande décharge située dans la banlieue d’Accra, la capitale du Ghana, et considérée comme le site le plus pollué du monde) ingérera 220 fois la dose quotidienne tolérable de dioxines chlorées fixée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments », a ainsi précisé Marie Noel Brune Drisse, responsable du département Environnement, changement climatique et santé et coordinatrice du rapport.  

Car cette mise en danger de millions d’enfants par ces e-déchets résulte en plus d’une injustice nord-sud flagrante. Comme le souligne le rapport « une proportion importante des déchets électroniques générés chaque année sont exportés des pays à revenu élevé vers les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la réglementation n’existe pas toujours ».

En clair, ce sont une fois de plus les déchets des pays riches qui vont polluer les pays pauvres et gravement compromettre la santé de leur population. D’autant plus que le volume des déchets électroniques est en constante augmentation à l’échelle mondiale. Selon le Global E-Waste Statistics Parternership (GESP), ils ont même augmenté de 21% au cours des cinq années précédant 2019, atteignant le total de 53,6 millions de tonnes ! Soit, note l’OMS, « l’équivalent, en poids de 350 navires de croisière, qui, placés bout à bout, formeraient une ligne de 125 kilomètres de long ». Cela même avant l’irruption de la 5G qui va rendre obsolète des centaines et des centaines de millions de téléphone portables. 

Un accord peu respecté

Pourtant, en théorie, une convention internationale, celle de Bâle, est censée réduire la circulation des déchets dangereux. Intitulée « Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination », elle a été signée par 166 pays et est entrée en vigueur le 5 mai 1992. Mais son flou initial sur l’exportation a abouti au vote d’un amendement supplémentaire en 1995 visant à interdire « tout mouvement transfrontalier de déchets dangereux de pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vers des pays hors OCDE ».

Mais cet amendement ratifié seulement par 70 pays est contournée soit par des accords bilatéraux entre pays (c’est ce que font à une grande échelle les Etats-Unis), soit par des trafics illégaux, pris souvent en main par des mafias locales. Même des pays de l’Union Européenne, qui interdit officiellement ce genre d’exportation de déchets, ont été pris souvent en défaut. Ainsi, en 2020, des trafiquants de téléphones portables usagés venant de France les brûlaient dans une cimenterie en Roumanie, au mépris de toutes les réglementations en vigueur. 

Vers un recyclage plus sûr ?

Ce rapport de l’OMS montre, en tout cas, l’urgence de responsabiliser les consommateurs des pays occidentaux pour qu’ils exigent des filières de retraitement local et contrôlé de traitement et de recyclage des déchets électroniques. Avec un prix d’achat qui comporte ces coûts induits et favorise le reconditionnement.

Car il est aussi important de ne pas céder au caprice de changer son smartphone tous les ans, comme nous y incitent de façon irresponsable les publicités des grandes marques de téléphonie. Comme le souligne, avec gravité, le directeur de l’OMS : « De la même manière que le monde s’est mobilisé pour protéger les mers et leurs écosystèmes de la pollution plastique et microplastique, nous devons nous mobiliser pour protéger notre ressource la plus précieuse - la santé de nos enfants – de la menace croissante des déchets électroniques ».

Source : lavie.fr

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