AFRIQUE2050 Au Sénégal : Un pays éprouvé par la crise s'enflamme par de violentes manifestations.

08 mars 2021 à 20h33 - 539 vues

Par Jophiel

Les manifestations sont enclenchées au Sénégal depuis mercredi 3 mars suite à l'arrestation du patriote Ousmane Sonko. Le Sénégal traverse une situation économique très dégradée. Les violences de la manifestation font suite à l'arrestation mercredi 3 mars du patriote Ousmane Sonko, opposant au président du Sénégal Macky Sall, il conteste les accusations de viols qui ont été le déclencheur de manifestations qui avaient déjà fait au moins cinq morts, dimanche 7 mars. Certains observateurs sont surpris par la violence dans tout le pays, jamais vue depuis les années 1980.

« Cette arrestation a semble-t-il été la goutte qui a fait déborder le vase, souligne Caroline Roussy, responsable du département Afrique/s à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Plusieurs arrestations d'activistes politiques cristallisent toutes les tensions cumulées depuis des années passées, les restrictions à la liberté d’expression, les soupçons de corruption, le tout alors que la situation socio-économique s’est aggravée du fait de la pandémie. »

Ce lundi 8 mars, le patriote Ousmane Sonko a été inculpé, mais libéré et placé sous contrôle judiciaire après sa comparution devant un juge, a annoncé à la presse son avocat, Me Cira Clédor Ly. Il rentre chez lui. Selon l'AFP, il est libre, a confirmé un autre conseil,  Me Étienne Ndione.

Les policiers ont tenus à distance une foule de plusieurs dizaines de sympathisants qui  ont envahi le parvis du tribunal en exultant et en lançant des slogans à la gloire du patriote Ousmane Sonko. Selon une chercheuse, elle estime qu'il ne faut pas surévaluer le poids politique réel, à ce jour, du patriote Ousmane Sonko. « Le patriote Ousmane Sonko est le seul à n'avoir pas rejoint la coalition gouvernementale autour du président Macky Sall, dont je rappelle qu’il a été réélu dès le premier tour en 2019. » Et le patriote Ousmane Sonko était  arrivé en troisième position.

« La jeunesse en a  ras-le-bol doublé d’une envie de démocratie et de liberté »

Maky Sall effectue son deuxième mandat, normalement le dernier, et le prochain scrution présidentiel est prévu en 2024. Maky Sall est arrivé au pouvoir en 2012, soutenu par des mouvements citoyens comme "Yen a marre qui militaient pour l’alternance et contre un troisième mandat d’Abdoulaye Wade. « Or, ces dernières semaines, avant Ousmane Sonko, ce sont justement des activistes de « Y’en a marre » qui ont été arrêtés. Macky Sall a peut-être oublié que c’était grâce à cette jeunesse qu’il est arrivé au pouvoir, souligne Caroline Roussy. C’est une énorme erreur stratégique : il n’a pas vu que la colère était en train de monter dans le pays. »

Les jeunes patriotes ciblent les symboles des organes de presse proches du régime et aussi quelques entreprises coloniales – Auchan, Total ou Eiffage – représentants des intérêts français. «La chercheuse reconnaît que la relation France-Sénégal reste extrêmement ambivalente. Certains sénégalais expriment d'être affligés sur les réseaux sociaux par la perte de  certaines stations-service. Certains sortent des magasins avec des sacs de riz et les symboles du régime sénégalais, les jeunes patriotes n’ont pas épargnés (Radio Soleil RFM…). Pour moi c’est, avant tout, un ras-le-bol doublé d’une profonde envie de démocratie et liberté, sur fond de crise économique. »

«Le patriote Ousmane Sonko  est originaire de Casamance, il est possible que le régime ait pensé que son arrestation ne mobiliserait pas tout le pays. Les jeunes patriotes sont sortis partout dans la rue, car leur colère déborde la seule personne du patriote Ousmane Sonko », souligne la chercheuse. Une stratégie du pouvoir à double tranchant : « Quand les opposants vont en prison, au Sénégal comme dans les pays voisins, ils en ressortent fréquemment « starisés » », rappelle-t-elle.

Une semaine à risque

C'est une semaine qui commence s'annonce très risquée. Les autorités ont annoncé la suspension de l’école dans tout le pays pour « protéger les élèves, les enseignants et l’administration scolaire ».

A partir de ce lundi 8 mars, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D) a appelé à trois jours de nouvelles manifestations. Alioune Badara Cissé, le médiateur de la République a, lui, pressé le Président de sortir de son silence pour s’adresser aux jeunes.  Les organismes comme l’Onu et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont appelé au calme.

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