SOCIÉTÉ : Horreur son marabout lui demande de sacrifier un enfant pour devenir riche !

21 mars 2020 à 17h37 - 372 vues

Par Victor

Crime rituel. Une histoire de Louis-César BANCÉ. J’ai commencé à apprendre la menuiserie à l’âge de 7 ans. Vingt ans après, devenu jeune homme avec une maîtrise parfaite du métier, je remplaçai mon vieux patron dans la gestion de l’atelier. Décédé des suites d’une longue maladie, les médecins avaient accusé les poudres de bois d’avoir cancérisé ses poumons.

À présent, j’étais un homme maintenant, seul face à la vie et à mon destin. Je connaissais si bien mon travail qu’au quartier tout le monde s’en remettait à moi pour la fabrication de leurs meubles. La plupart de mes clients étaient des hommes riches. Quand je leur livrais leurs commandes à domicile, j’en sortais fasciné par la beauté de leurs maisons et du luxe insolant illuminant leurs vies.

À vrai dire, j’étais surtout envieux de leur bonheur. Je savais qu’avec la menuiserie, j’aurais du mal à atteindre leur statut. Mon patron n’avait-il pas d’ailleurs consacré toute sa vie à ce métier jusqu’à à en mourir, misérable ? Refusant de subir le même sort que ce dernier, je me laissai de plus en plus influencer par l’un de mes clients qui, me visitant à l’atelier, me proposa un raccourci vers la richesse :

Écoute Ébénezer, me dit-il en passant l’index sur les lignes de ma main, j’ai la capacité de lire les destins. Je vois que ton cœur bouillonne d’une soif de richesse. Mais sache que rien ne s’obtient sans prix ici bas. Tes mains disent qu’en travaillant comme menuisier, tu risques de mourir un matin comme ton patron, pauvre. Par contre, en accomplissant un certain rituel, tu déboucheras sur un boulevard de prospérité. Si tu es intéressé, viens me consulter à mon cabinet. Tu sais déjà où c’est situé.

Me recevant dans son logis perdu dans un bafond à la sortie du quartier, le marabout, après une démonstration de ses pouvoirs occultes, me révéla ce que ses dieux attendaient de moi.

Je devrais tuer, puis enterrer un enfant derrière une église ou une mosquée. Un peu choqué par la lourdeur et l’horreur de sa requête, en pensant à ce que la religion m’avait appris dès mon bas âge, je lui signifiais mon inquiétude :

– Tuer un enfant… Mais il paraît qu’après cette vie il y a un jugement et que de tels actes seront sévèrement punis par Dieu.

– Écoute-moi bien Ébénezer, renchérit-il, intransigeant. Après cette vie, il n’y a plus d’autres vies. Le jugement dont parle les religions est une farce. Elles veulent plutôt empêcher les gens d’être heureux. Il y a des êtres qui sont faits, qui sont nés pour servir aux destins des autres, comme des béliers. Tu envies plein de riches, mais la plupart est passée par ces sacrifices. Tu vois Oumar ? C’est moi qui l’ai fait. Dans son jardin on a enterré un bébé ainsi qu’un mouton boiteux. Sans ça et le travail que j’ai achevé par la suite, le Oumar que tu connais ne serait rien !

Han ! Le Oumar que tout le quartier respectait et à qui j’avais livré un meuble la semaine dernière avait donc les mains sales ? Pourquoi pas moi ?

J’avais un fils de 7 ans. Après moult réflexions et tourments, une nuit pendant que nous dormions, je révélai à ma femme les recommandations du marabout quant à faire basculer notre condition de vie.

– Et si on sacrifiait notre garçon ? De toute façon, on pourrait en faire encore, beaucoup d’autres enfants et pouvoir nous en occuper convenablement grâce à la fortune que nous aurons.

Khady s’était levée du lit en s’attrapant la tête :

– Quoi ? Ébénezer !!! Tu es un monstre un sorcier tu me fais peur ! Tuer mon joli fils, que j’ai porté neuf mois, pour qui j’ai versé mon sang ? Ne sais-tu pas qu’un enfant, c’est déjà une fortune plus valorisante que les biens matériels ?

Voyant que je ne pourrais la convaincre à ce sacrifice, je lui présentai mes excuses pour l’incident. Elle fit certainement semblant de l’avoir digéré, car seulement deux jours après, Khady disparut de la maison avec notre enfant. J’appris quelques semaines après qu’elle s’était réfugiée au village, chez sa tante, cette femme difficile avec qui elle n’avait jamais été pourtant en de bons termes. De toute façon, elle reviendrait quand elle aura les nouvelles du puissant homme que je deviendrai et si jamais il y a encore de la place pour elle je verrai si je peux encore l’accepter.

Car j’avais nourri mon plan B, celui de ravir la fille de ma voisine. Mon choix s’était porté sur elle parce que cette gamine de 6 ans aimait me suivre comme son ombre, sans doute en raison des affinités qui existaient entre ses parents et moi et aussi parce que ma gentillesse naturelle n’était plus à démontrer dans cette cour commune où nous vivions comme une famille depuis une décennie. Si je n’offrais pas des friandises aux enfants, c’est à leurs parents que je faisais don de vivres. Même les meubles qui ornaient leur maison étaient du fait de ma générosité.

Une nuit, profitant de ce que ma petite proie était seule dans la cour pendant que ses parents étaient concentrés à suivre une télénovela, je la pris très rapidement dans mes bras et en allant en bordure de route, m’engouffrai avec elle dans le premier taxi qui se signala. La voiture nous déposa à mon atelier de menuiserie où je comptais lui ôter le souffle avant de poursuivre le rituel près d’un édifice religieux. Même dans l’obscurité de l’atelier, la fillette, aveuglée par la confiance et l’innocence, ne montra aucun trouble :

– Tonton Ébénezer, pourquoi y a pas de lumière ici ? me demanda-t-elle de sa voix frêle en me serrant fort contre elle pour chercher la protection.

Crac ! En un geste, je fis tourner son cou à 90 degrés en y maintenant la pression pendant quelques minutes. Comme elle se débattait, je la fis coucher au sol pour l’étrangler. Dieu merci, elle n’avait pas souffert avant sa perte de connaissance.

Devenue molle entre mes mains, il ne faisait aucun doute que la petite était morte. Je la mis dans le gros sac que j’avais apprêté pour l’occasion. Puis j’ouvris la porte de l’atelier, le lourd ”baluchon” sur l’épaule. Mais à peine fis-je quelques pas devant l’atelier que soudain, je fus inondé par une petite foule dont les parents de la fillette en tête de file ainsi que le chauffeur de taxi qui m’avait conduit :

– Ébénezer, où est Fifi ? Tu es sorti avec elle en taxi… me questionna la mère.

Glacial et paralysé, je ne trouvai rien à lui répondre sauf de laisser tomber le gros sac qui pesait sur mon épaule. Des torches issues de téléphones fusèrent dans ma direction. Le père ouvrit la sacoche à mes pieds et découvrit la tête de sa fille éclairée par des lumières.

– Tu as tué notre fille ! ?

J’entendis des cris d’épouvante de partout alors que la mère tentait de m’étrangler avec ses longues ongles qui me griffèrent le cou. La foule agitée scandait : «Assassin ! Assassin ! Tuons-le !»

On me frappa de partout avec des gourdins jusqu’à me faire tomber. Au dessus de moi, quelqu’un s’apprêtait à m’égorger avec une scie !

Ce fut un miracle quand je me réveillai sur mon lit en hurlant comme un muezzin.

– Qu’est-ce que tu as Ébénezer ? Tu as fait quel cauchemar pour bondir de la sorte ? Me demanda ma femme, mécontente que je l’aie dérangée.

– Khady, mon amour, réponds seulement à deux questions s’il te plait. Est-ce que Fifi la fille du voisin est là ? T’ai-je déjà proposé un rituel sur notre garçon ?

– Ayi ? Pourquoi ces questions bizarres ? Regarde par la fenêtre voici Fifi qui est en train de jouer dans la cour. Concernant notre garçon tu ne m’as jamais rien proposé d’insolite à son sujet. Pourquoi ?

Je descendis du lit, me lavai rapidement le visage, et allant dans la cour, je pris la petite Fifi dans mes bras en lui faisant beaucoup de câlins. Quel bonheur c’était, de voir cet ange sourire au soleil naissant à l’Est ! Elle était la vie de demain, l’avenir, le zénith qui ferait vagir d’autres soleils à l’Est.

Après lui avoir acheté des chocolats et des bonbons dont elle raffolait, je me rendis à mon atelier de menuiserie. Mon vieux patron, décédé il y a un mois d’un cancer de poumon, m’avait laissé la lourde tâche de lui succéder. En commençant le travail en cette belle matinée ensoleillée, j’avais la sensation d’être né de nouveau, d’être lavé de toutes mes obsessions illimitées de grandeur.

En début d’après midi, je reçus la visite de Moriba, le marabout du quartier. Il passait prendre les deux tabourets que je lui avais confectionnés.

– Ébénezer, me dit-il en passant le doigt sur les lignes de ma main pendant que nous bavardions. Je sais lire les destins des hommes. Ton patron est mort pauvre après soixante ans de travail dans cet atelier et tu cours le même destin. Si tu veux être riche, viens me consulter, il y a un rituel que je te conseillerai et qui changera complètement ta vie.

Moi qui, auparavant, étais si envieux, cupide, fragile et flexible, moi qui aurais sauté sur l’occasion pour donner une autre direction à ma vie, je répondis de la sorte à l’homme mystique :

– Le seul rituel que je connaisse et qui aboutisse à la richesse sans l’ombre d’un remord ni d’une redevance, c’est le rituel du travail. Le travail dans la loyauté et dans la paix du cœur. Je vais travailler à la sueur de mon front. Mon patron est certes parti dans la pauvreté, mais nous n’avons pas forcément les mêmes destins. Je me battrai ! D’ailleurs, il n’y a pas plus grande richesse que d’avoir la conscience tranquille et de pouvoir se regarder dans un miroir.

Prenant ses tabourets en s’en allant le regard étrange, le marabout avait dû être foudroyé par la désormais lumière qui resplendissait en moi, Dieu s’étant fait cauchemar pour sauver ma vie, mon âme et ma conscience, en me rendant invulnérable aux tentacules du mal.

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