MUSIQUE : Nouvel album, harcèlement scolaire, Covid-19… On a rencontré Bilal Hassani

07 novembre 2020 à 15h57 - 904 vues

Par RadioTamTam

À l’occasion de la sortie de Contre soirée, son deuxième album ce 6 novembre et au lendemain de la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, le chanteur et ex-représentant de la France à l’Eurovision, Bilal Hassani, s’est confié à l’édition du soir.

Après un premier album porté par l’Eurovision, comment vous sentez-vous pour la sortie du deuxième, Contre soirée, ce 6 novembre ?

Je suis très nerveux. J’ai travaillé dessus pendant un an, ça fait drôle de se dire qu’il va être écouté par le public. Et puis, c’est très différent du premier car il était sorti face à un nouveau public à conquérir.

Là, des gens m’attendent donc c’est une pression assez différente. L’album raconte l’histoire d’une fête et d’une soirée en abordant des thèmes très différents : une partie festive, une partie plus sensuelle, puis une partie plus calme et introspective. Il y a donc un vrai fil conducteur même si les titres peuvent ressortir individuellement.

Parmi les titres qui ressortent, la chanson Tom aborde le harcèlement scolaire…

C’est l’un des premiers titres que j’ai écrit pour cet album. Ça me tenait très à cœur d’aborder ce thème.

La chanson est sortie en single juste avant la rentrée scolaire pour essayer d’être un soutien pour les personnes qui subissent un harcèlement scolaire. Beaucoup de gens se retrouvent dans Tom, cet enfant victime de harcèlement. C’est une sorte de mission pour moi de parler de ce fléau.

Pourquoi ?

Beaucoup des gens qui me suivent vivent cette situation ou l’ont vécu et en gardent des séquelles. Je m’en rends compte par les nombreux témoignages très poignants que je reçois.

Juste après l’Eurovision, quand je suis rentré en France, j’ai reçu énormément de lettres, de messages… Pendant ma tournée, j’ai rencontré beaucoup de fans qui m’ont parlé de leur vie. Ils me racontaient à quel point ça pouvait être dur pour eux, on m’a dit que j’avais sauvé des vies.

J’ai souvent été ému aux larmes. Alors, je voulais faire un hymne plutôt qu’une chanson qui dénonçait. Je voulais que le morceau dise aux harcelés : je te vois, je t’entends, tu as le droit de crier et d’exister car on met souvent de côté les personnes victimes de harcèlement. L’idée, c’était de faire une sorte de cri de guerre.

Un peu comme pour le titre avec lequel vous avez représenté la France à l’Eurovision et qui abordait l’acceptation de soi et la tolérance ?

Quand j’ai sorti Roi il y a deux ans, l’idée était plutôt de me présenter au public et de raconter mon histoire. Je ne me rendais pas compte que ça allait toucher autant de personnes, que beaucoup se retrouveraient dans mon histoire et que ma musique pouvait aider.

Je fais de la musique pour les marginaux et les personnes qui se sentent mises de côté. Pour ce deuxième album, je me suis dit qu’il fallait absolument que je continue pour les mettre en lumière.

J’aimerais que ma musique soit une échappatoire, que les gens puissent se sentir vibrer.

> Lire aussi : Qui est Bilal Hassani, candidat pour représenter la France à l’Eurovision ?

Bilal Hassani, pour le single Roi. (Photo : DR)

Ce combat contre le harcèlement a également une dimension plus personnelle…

Carrément. J’ai très vite raconté sur YouTube, dans mes chansons ou dans des interviews que j’avais subi du harcèlement.

Je ne réfléchis pas vraiment à mes prises de paroles sur des sujets personnels car je sais à quel point ça peut faire du bien au public d’entendre des choses dont ils se sentent proches. Je suis un mec comme tout le monde avec ma vie, mes problèmes…

Quand je me sentais très seul à 12, 13 ans et que je ne me rendais pas compte à quel point j’étais triste, j’aurais bien aimé avoir un représentant ou une représentante pour me guider dans mes états d’âme.

La musique et les séries m’aidaient beaucoup à l’époque. Ça me faisait sortir de ma tête, m’échapper…

Sur ce thème comme d’autres, vous utilisez toujours une musique très festive et très joyeuse. Pourquoi ?

Je fais de la musique pop et l’intérêt est de synthétiser des émotions. Dans la création des morceaux de cet album, il y avait souvent un texte qui venait de moi et un son particulier. De là, on a créé un univers pour colorer chaque chanson. Et puis, je veux ajouter ce vernis pop qui donne plus d’émotion et de puissance à un titre.

Au-delà d’un message, je veux que la chanson soit une expérience dans laquelle chacun peut se retrouver. Dans toute la musique que je fais, j’aime montrer aux gens qu’on peut voyager, conquérir le monde. J’ai envie que les gens écoutent cet album et explorent qui ils sont.

Bilal Hassani, lors de notre rencontre à Paris, le 19 octobre dernier. (Photo : Paul Gratian / Ouest France)

Votre combat contre le harcèlement scolaire pourrait-il prendre une autre forme que la musique ?

Oui, j’aimerais bien mettre en place des choses concrètes autour du harcèlement scolaire, organiser des rencontres… Aujourd’hui, on a souvent l’impression que le message est simpliste : on dit aux harcelés de parler et aux harceleurs d’arrêter.

On pourrait aller plus loin. J’ai plusieurs idées en tête dont je ne peux pas encore parler. En avril 2019, j’avais été reçu par Marlène Schiappa [alors Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations].

On avait surtout parlé de harcèlement en ligne, il y a un vrai travail à faire sur les réseaux sociaux.

Selon l’UNESCO, un enfant sur trois est victime de violence ou de harcèlement en milieu scolaire. Avez-vous l’impression que la lutte contre le harcèlement peut donner des résultats ?

Heureusement, ce sont des choses dont on parle de plus en plus. La nouvelle génération en parle d’avantage et les gens qui le vivent se sentent plus aidés aujourd’hui grâce à des youtubeurs ou des jeunes sur les réseaux sociaux qui en parlent par exemple.

C’est beaucoup plus efficace qu’une simple affiche « Stop au harcèlement » comme je pouvais en voir quand j’allais dans l’infirmerie de mon collège.

L’épidémie de Covid-19 touche fortement le monde artistique. Comment traversez-vous cette période si particulière ?

La situation des techniciens et des personnes qui travaillent dans le monde du spectacle m’attriste beaucoup. Quant à moi, ça complique évidemment mon travail, ça a empêché de nombreuses représentations cette année mais je ne vais pas rester dans ma chambre et me lamenter.

J’ai préparé pleins de choses. Je suis quelqu’un de très ordonné, j’ai toujours un plan A, B, C, D, E… donc j’ai plusieurs solutions alternatives si des concerts en grand public ne sont pas possibles.

Trois autres clips sont en train d’être préparés. Pour la scène, il y aura des expériences live et je ferais en sorte de voir mon public tout en restant en sécurité car il ne faut pas prendre cette épidémie à la légère.

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