Société : La Grève des aides à domicile continue à Blois.

18 février 2021 à 19h07 - 551 vues

Par RadioTamTam


Ces salariés de l'ADMR demandent une revalorisation de leur salaire depuis 21 décembre 2020 et de meilleures conditions de travail. Elles s'estiment d'être méprisées par leur direction et oubliées par le gouvernement, pourtant elles sont en première ligne dans la lutte contre le COVID-19. Les dirigeants ne disent pas la vérité aux bénéficiaires, ils dissimulent "que je suis malade ou que je suis ailleurs, nous leur disons que nous sommes en grève."Cécile est Auxiliaire de Vie - Titulaire du diplôme DEAVS, pour Aide à Domicile en Rural (l'ADMR), elle fait les courses, entretien de la maison, lever, coucher, dans le secteur de Chouzy-sur-Cisse et Onzain.

« Avec un bel étang, c’est adorable par-là » dit-elle. Cécile dit manifester au nom de ses collègues qui ne peuvent plus ! Elle s'occupe de 7 bénéficiaires. « J’ai une collègue qui est obligée d’aller aux Restos du Cœur car elle ne touche pas sa pension alimentaire. Elle travaille à temps partiel, car elle doit garder ses enfants, la nounou est tellement onéreux. Souvent, pour faire des économie, elle peut pas manger à midi pour faire des économies. Les bénéficiaires nous appelle si nous arrivons à faire bouger les choses, car financièrement, nous ne pouvons pas être là pour les aider.

La France compte officiellement 255 000 aides à domicile


Depuis le 21 décembre, une quinzaine d’aides à domicile salariées de l’association « Aide à domicile en milieu rural » du Loir-et-Cher ont cessé le travail.

Un salaire est tellement trop bas à 8,11 € net de l'heure soit environ 4 € la prestation d'une demi-heure chez chacun bénéficiaire. Les frais de déplacements ne sont pas correctement prises en charge. Elles dénoncent que les frais kilométriques de leurs frais d'essence, d'assurance et d'entretien de leurs véhicules ne sont même pas remboursés.
Il y a en France, 1,6 million de personnes qui sont actuellement accompagnées par les 225 000 aides à domicile. Les besoins vont en delta avec le vieillissement de la population française. Les structures d’aide à domicile auraient besoin de recruter 20 000 employées supplémentaires par an, mais elles manquent cruellement de candidats, faute d’attractivité.


Notre souhait, nous voulons juste pouvoir vivre comme tout le monde !


Nous sommes les petites mains qui permettent à nos aînés et personnes dépendantes de vivre le plus longtemps et confortement à domicile fassent grève si longtemps est déjà un grand exploit. Nous aimons notre métier, mais nous priver de revenu sans grand espoir d'amélioration de travail en rebute plus une.

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Depuis le 21 décembre, des aides à domicile manifestent devant le siège de l'ADMR du Loir-et-Cher. La direction refuse de bouger sur l'essentiel : le salaire. JORDAN POUILLE POUR LA VIE

Ensuite parce que les filles, c’est ainsi qu’elles se désignent entre elles, sont rarement syndiquées et ont du mal à se rencontrer. Nous avons juste une page Facebook, nous n'avons pas de réunions ensemble pour échanger, chacun travail dans son périmètre déterminé. Et il y a enfin cette crainte de « se retrouver avec des plannings pas possible », avec des heures réduites et disparates à l’issue du mouvement si la direction avait pour projet de sanctionner ces irréductibles grévistes.

« Nous souhaitons juste pouvoir vivre comme tout le monde. Je travaille à temps partiel subi, et je ne gagne que mille euros. Je souhaite travailler plus, quand je demande des heures en plus la direction refuse. Je crois que c’est à la tête du client » affirme Cécile.

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Cécile, auxiliaire de vie à Onzain, fait grève pour une collègue encore plus précaire, dans l'incapacité de cesser le travail. JORDAN POUILLE POUR LA VIE

Des coûts importants


Noyers-sur Cher, une vile de 2 700 habitants à trois quart d'heure de route de Blois où se trouve le noyau dur des grévistes et tout près du zoo de Beauval et ses célèbres pandas. Les filles se connaissent entre elles et se remplacent au pied levé en cas de besoin, car toutes habitent la petite commune. Certaines femmes grévistes portent les gilets jaunes et ont tenu un rond-point toutes ensemble.Le maire de leur commune et aussi médecin généraliste dans le civil les soutient, et cela les motive encore un peu plus.

« Quand les bénéficiaires nous demandent combien vous êtes payées mais car je réponds entre 300 € ou 400 € par mois » dit Ana Fernandes, syndiquée à la CGT et basée à Chailles. « Je leur réponds quand vous payez les Responsables de service, il y a des frais d'Agence, les frais du siège départemental et aussi le siège de Paris».
Il ya aussi les nouvelles voitures de fonction qu'il faut payer. La concession de Citroën de Blois a livré cet automne une quarantaine de C3 vert pistache. Nous pensions que les véhicules iront aux aides à domiciles, les véhicules vont et viennent toute la journée d'une maison à une autre, mais, les aides à domiciles rien !«Les grévistes sont allées voire les responsables des maisons de service et aux techniciennes familiales. Nous sommes sur le terrain et nous sommes toutes en bas de l'échelle, nous sommes plus nombreuses à travailler pour eux… On leur rapporte beaucoup d’argent » dit Ana.

« Il faut que l’État vous accorde cette reconnaissance »


Lors de la visite à CAF du président Emmanuel Macron à Tours le 5 janvier dernier les grévistes ont été écoutées 30 minutes par une secrétaire de son cabinet. Et même François Ruffin est venu à Blois à leur rencontre.
Il a signé un chèque de soutien, présenté son nouveau documentaire (« Debout les femmes ! ») dédiées aux précaires du soin à domicile et attiré la télévision régionale.

Les grévistes sont ensuite allées sur le site gazier géant de Chemery, en Sologne, où les travailleurs de l’énergie manifestaient pour dénoncer le projet Hercule qui vise à séparer EDF en plusieurs entités. A lire aussiProjet Hercule d’EDF : vers la disparition du service public . Les grévistes ont distribué des tracts sur les marchés et dans des centres commerciaux. Le maire sans étiquette de SAint-Aignan Eric Carnat et président du Conseil de Surveillance de l'hôpital est venu à leur rencontre : « Je suis solidaire des revendications des salariés qui forment un lien social essentiel qui permet à des personnes dépendantes de continuer à vivre dignement chez elles ».

Marc Gricourt, maire PS de Blois et ancien infirmier lui aussi a affiché son soutien aux grévistes.

« Il faut que l’Etat vous accorde cette reconnaissance. Le Département qui a la compétence, c'est à lui de faire un effort financier. » Le Conseil Départemental explique que des aides existent et que des efforts ont été faits pour valoriser le métier d'aide à domicile. Notre demande répétée d’entretien avec son président Nicolas Perruchot (LR) a été déclinée.

un département que le nombre de bénéficiaires du RSA est une variante exponentielle. La Convention Collective nationale lie toutes les aides à domicile à travers toute la France. C’est cet argument que fait valoir l’ADMR départementale pour ne pas augmenter les salaires, « indépendamment du fait que ces revendications ne sont portées que par une quinzaine de grévistes » ajoute-t-elle.

Le gouvernement a validé fin octobre 2020 un avenant à cette convention qui augmente de 2,5 % la valeur du point de rémunération des salaires du secteur associatif. Les 85 millions d'euros, cette enveloppe représente le coût par an.
Si l'ensemble des fédérations d'aides à domicile exigent l'application d'un deuxième amendement au périmètre plus large. La validation des deux avenants va permettre aux aides à domicile de pouvoir bénéficier dès leur embauche d'un supérieur de 2 % au Smic.

Ce qui, selon le gouvernement, provoquerait une hausse brutale de 15 % sur le budget des Départements, principaux financeurs de l’aide à domicile. En un an, le Département du Loir-et-Cher a déjà connu une hausse de plus de 11 % du nombre de foyers bénéficiaires du RSA, montant dont il a la charge.

« Je suis très heureuse car j’adore mon métier »


La contestation monte partout en France, la contestation monte. Dans les Pyrénées-Orientales, la direction de l’ADMR trouve elle-même la convention bien insuffisante : « Avec notre convention collective actuelle, une employée (car 95 % sont des femmes) devra accumuler 17 années d’ancienneté avant de pouvoir dépasser le SMIC. C’est bien trop peu, surtout que les conditions de travail sont difficiles. Le métier n’attire plus » dit son directeur. Les aides à domicile de l'ADMR de Beaupréau-en-Mauges dans le Maine-et-Loire se sont rassemblées début février pour remplir un cahier de doléances. La solitude et le manque de considération financière figuraient en tête. Par exemple en Corse, une prime de 20 € vient d'être accordée aux aides à domicile pour le nettoyage de la blouse. En septembre, elles manifestaient pour une prime Covid égale à celle des soignants.

Sous le porche de l’ADMR de Blois, traversé par un vent glacial, Noémie Chollet, 27 ans, regard vif sur peau de perle, énumère ses récents frais de réparation : 900 € pour sa voiture, en seulement trois mois. Avec le soutien de son époux ouvrier qui l'a aidée. « Je très heureuse, car j'aime mon métier. Nous sentons très utile, car nous accompagnons la fin de la vie et c’est pour ça que je tiens. Sinon j’aurais arrêté depuis longtemps ».

source : la vie

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